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Wednesday, May 15, 2013

Route vers le Sud, et la fraîcheur du Pays des Djoula

Le 30 avril, Didac est arrivé à Ouagadougou ... à 30 degrés de plus que ce qu’il fait à Hambourg ! :-) L’adaptation n’est pas facile ! Après les deux premières nuits, son dos et sa capacité à supporter la chaleur commencent à prendre le pli.

Paysage de route, vendeur de viande
Comme je me doutais que cela serait difficile, et parce que moi aussi je voudrais fuir un moment les températures, la pollution et la poussière de Ouaga, j’ai donc décidé de nous organiser un p’tit voyage à Bobo Dioulasso, deuxième ville et capitale économique du pays, et à Banfora, au sud du pays. C’est une zone qui garde un climat plus doux, comme celui de la Côte d’Ivoire, car non loin de la frontière (50 km environ).

Départ lundi dernier pour 7 jours de périple, et ce n’était pas gagné d’avance ! Après avoir demandé à Catherine et une autre connaissance, j’avais deux pieds à terre, un sur Bobo et l’autre à Banfora ... Manque de chance, le dimanche soir tout est tombé à l’eau (c’est normal ici, rien n’est vraiment sûr jusqu’à ce que cela se passe !)... 

Je commence à croire aux génies africains, car au moment où nous n’avions plus de plan et que nous longions la place des Nations, Idrissa, un ami qui vend des bronzes et des antiquités, nous klaxonne sur sa moto et nous propose de nous ramener en échange d’un plein d’essence car il n’en a plus. Pas de problème, nous voilà à trois sur sa moto en direction de chez moi. Sur le trajet, je lui raconte la galère, et il me répond qu’il est de Bobo, et que sa maison est vide pour le moment. Il n’a qu’à nous donner les clés de chez lui, et on peut y aller. Il va contacter son petit frère qui est sur place, qui nous arrangera tout, et qui en plus ... est guide touristique ! Yes !!!!

Les clefs en poche, nous voilà donc partis en autocar (Rakieta, une des compagnies les plus sûres, avec la clim en prime !), pour 5h de route vers le sud. 
Les paysages verdissent au fil des kilomètres pour devenir franchement différents de ce que je côtoie depuis le début de mon stage à Ouaga. De l’herbe verte, des arbres fleuris, des manguiers qui croulent sous le poids des fruits, une toute autre ambiance. 
Au loin, des femmes courbées ramassent les mauvaises herbes, tandis que d’autres arrosent les champs de feuilles et de céréales de toutes sortes à l’aide d’un arrosoir géant qu’elles portent à bout de bras. Une fois l’au de l’arrosoir vide, elles se dirigent lentement, sous le soleil, vers un puit creusé dans le sol et dont le contour est délimité par un pneu de tracteur. Agenouillées au bord du gouffre, elles hissent à la sueur de leur front une barrique faite d’un bidon d’essence jaune, vert ou rouge coupé en deux, pour remplir, petit à petit leur arrosoir et renouveler leurs gestes encore et encore. Assise dans le bus, sous le climatiseur, mes yeux se perdent au loin et la chair de poule recouvre ma peau... Comment puis-je me permettre de m’attarder sur des futilités de mon quotidien sans prêter plus attention à ce qui m’entoure ?
Rizière, enfants gardant les boeufs

Bien sûr, il ne faut comparer que le comparable, mais l’esprit prend parfois le dessus sur la moralité et me traverse durant quelques instants.

Kiosque (cafétéria) de bord de route

Le bus est une expérience intense dans le pays. Même si nous avons choisi une compagnie « de confiance », le trajet (d’environ 5h) n’est pas de tout repos !
Tout d’abord, au regard de l’état des routes : entre Kokologho et Boromo, en direction du Sud, une « double voie » se limitant à une seule voie, ponctuée de nids de poule de la taille d’un fessier d’hippopotame obligent les véhicules en tout genres à éviter les creux et les bosses du mieux possible. Tout cela crée un chaos accentué du bruit des klaxons pour prévenir d’un dépassement en 3ème fil par le bus d’un semi-remorque lui même en plein dépassement d’une moto à trois roues... Et en face, un vélo tente d’éviter cela en roulant sur la terre rouge bordant le goudron, levant ainsi un nuage de poussière.

Arrivée en gare de Boromo, seul arrêt entre Ouaga et Bobo. Lorsqu’un bus entre dans la gare routière, c’est l’émoi. Des dizaines de femmes aux pagnes colorés accourent de tous côtés, des plats et récipients de toutes les tailles vissés sur la tête. Il suffit alors de passer la tête ou la main par la fenêtre du car pour accéder à des aliments et boissons en tous genres : bananes, sandwichs à l’avocat et à la tomate, brochettes de volaille ou de porc aux épices, viande de soja, biscuits au sésame, bissap, zom-koom, œufs durs, pommes, mangues, jus de fruits de toutes espèces, sachets d’eau, arachides caramélisées, pains de toutes tailles ... Une vague de couleurs, d’odeurs, mais surtout de cris, à celle qui donnera le prix le plus imbattable et qui vendra le plus de produits en moins de 10 minutes de pause. Un autre bus arrive en gare, et tout le monde court à nouveau vers de nouveaux clients, oubliant parfois de finir ce qu’elles ont commencé. Des tabourets, aménagés pour l’occasion par les vendeuses de sandwichs aux œufs et aux épices, sont soulevés en un rien de temps, et une dizaine de récipients traversent ainsi la gare de part en part pour se retrouver face à une nouvelle porte de bus, tout cela sans casse !



Après 5h dans le bus bondé à tenter de ranger nos genoux comme on peut, nous voilà enfin en gare de Bobo. Et Salif, le petit frère d’Idrissa, est déjà là à nous attendre. En deux temps trois mouvements, après récupération du sac en soute, au milieu des motos, cartons de bouffe ou de vaisselle, sacs de riz, de mil ou d’autres céréales inconnues, et de bien d’autres étranges marchandises, nous voilà hors de la gare. Une horde de vendeurs ambulants attaque encore : cartes de crédit pour le téléphone, ceintures, tee-shirts, cigarettes, bonbons ... Ouf ! Quelques petites galipettes et nous voilà en négociations avec le taxi vert « France au revoir » qui nous emmène chez notre ami pour 300/300 (ici, on répète toujours les prix : 100/100, 200/200 ..., peut être le moyen d’être sûr que tout le monde s’est bien compris ?).

Arrivés à la maison, dans une cour d’environ 20 m2 partagées par une dizaine de familles, à l’ombre des deux arbres centenaires entre lesquels pendent les centaines de vêtements fraîchement lessivés dans la rivière, nous sautons sur les fauteuils dans le petit appartement de notre hôte. 1ère étape réussie ! Les voisins nous regardent d'un oeil inquisiteur ... Qui sont ces étrangers ? Il va nous falloir les apprivoiser et leur prouver que nous ne sommes pas là pour perturber leur quotidien. La voisine d’en face, que nous saluons,

A lire attentivement!
esquisse un sourire et nous dit quelques mots en Djoula, la langue de l’ethnie allant du nord de la Côte d’Ivoire, au Sud du Burkina. Après plusieurs sourire et signes de tête, elle fait mine de nous accepter et laisse ses enfants venir nous regarder de plus près.

Ce n’est pas fini ! Nous voilà repartis, en compagnie de notre guide, le petit Salif, pour une visite de la ville pour l’après-midi : la mosquée puis la vieille ville.


Suite au prochain épisode !


Tuesday, May 14, 2013

Faso, Faso, Burkina Faso!


1000 excuses, mais le temps court à une allure folle ces temps-ci !

Un dimanche de funérailles dans le village de Rasta

Au Burkina et dans plusieurs pays de l’Afrique de l’Ouest, les funérailles se font deux fois par an seulement. Imaginez ma tête, après que 3 personnes m’aient invitée à des funérailles la même semaine... Tout le monde est mort en même temps ??
Absolument pas ! Durant le mois de novembre et celui d’avril (en fin de mois), toutes les funérailles, qu’elles soient animistes, chrétiennes ou musulmanes, sont regroupées essentiellement sur deux weekends. Dans ce cadre, j’ai ainsi pu assister à des funérailles dans un village pas loin de chez moi. Les masques sacrés sortent pour l’occasion, et tous les villageois et les connaissances se réunissent sous l’arbre du village afin de les voir danser au son des balafons, djembés et tamtams des griots du village (ce sont les seuls initiés ayant le droit de jouer cette musique lors des grandes occasions).
Les chants sont en langue sacrée, et nul autre que les initiés ne peut comprendre ce qu’il se dit.
L’ambiance était surréaliste. Un attroupement d’environ 200 personnes en cercle, dans un nuage de poussière soulevée par les danses, qui crie et se laisse bercer par les chants et les danses. Les enfants grimpent à l’arbre et on les voit agglutinés sur les branches, les yeux rivés sur le spectacle. Il est absolument interdit de prendre des photos des masques, qui sont sacrés et se doivent de rester uniques. En faisant la photo des enfants dans l’arbre, mon amie et moi, seules blanches, nous sommes retrouvées encerclés par une horde d’hommes nous criant « no photo ! », pensant que nous avions osé prendre des clichés. Heureusement, nous avons usé de nos charmes et surtout de nos talents en mooré, la langue locale, pour les amadouer et leur faire comprendre que nous n’avions rien pris, car nous connaissions les traditions. Ouf !

Ce fût une expérience intense (en poussière aussi ! :-)), qui nous a permis de nous imprégner de traditions qui pour nous restent seulement imaginaires et écrites dans les livres.
Les couleurs des masques sont le rouge, le sang de l’Homme, le blanc, couleur de la vie, et le noir, couleur de la mort. Chaque masque a sa signification. L’homme représenté avec un pic sur le front représente le devin, celui qui peut voir l’avenir. Les oiseaux sont le lien entre la vie et la mort et volent de l’un à l’autre. Les initiés portant ces masques imposant portent aussi une tunique faite de raffia, ou de feuilles de kapokier, de palmier, aux couleurs de leur rôle (rouge, noir, ou blanc). Dans une tornade de poussière, ils sautent en avant, en arrière, font des saltos, des acrobaties plus impressionnantes les unes que les autres et sont applaudis par les villageois.

Au coucher du soleil, la cérémonie des masques prend fin et c’est le repas qui commence. Ici, la mort d’un vieux, comme c’était le cas pour nous, est fêtée et non pleurée, car on di que la mort est inévitable et qu’il faut donc fêter le fait d’avoir eu une longue vie.
Montés sur nos motos (oui oui, je m’y suis mise ! il le faut !), nous sommes ensuite rentrés pour nous remettre de nos émotions autour d’une Brakina bien fraîche.

La semaine qui a suivi, mes efforts de recherche de partenaires ont porté un peu leurs fruits. Nous avons pu nous rendre, mon chef, ma collègue et moi, dans un centre d’enseignement de l’agriculture à Kokologho, à une cinquantaine de km au sud de Ouagadougou, sur la route de Boromo et Bobo.

Sous un soleil de plomb, ce fut le moyen pour moi d’être confrontée à la réalité du pays (dont l’économie est principalement basée sur l’agriculture), au manque d’eau, et aux difficultés rencontrées ces dernières années face au manque de pluies. Lorsqu’on se penche au dessus des puits, le niveau est tellement bas, qu’on l’aperçoit à peine, et les paysans doivent chaque fois ajouter de la longueur au fil reliant le bidon qu’ils font descendre pour récupérer l’eau destinée à l’arrosage. Mais malgré tout, comme ils disent ici « çà va aller ! Cette année ca ira mieux ! »... Et la vie continue !

Le début du mois de mai, c’est aussi « Jazz à Ouaga », la plus grande rencontre de Jazz d’Afrique de l’Ouest, réunissant des artistes du monde entier sur les scènes ouagalaises. Boubacar Traoré, chanteur burkinabè ayant bercé mon enfance et mon adolescence, était de la partie, mais malheureusement ... plus de billets pour accéder à son concert.
Une scène géante et gratuite est installée pour l’occasion sur la place des Nations, au centre de Ouaga, et de nombreux artistes y donnent des concerts jusqu’à tard dans la nuit. De quoi rattraper la frustration de ne pas voir Boubacar. C’est fou le nombre de personnes agglutinées sur cette immense place, pour écouter, danser et chanter sur la musique ! Ici, tout le monde a le rythme dans la peau et sait au moins chanter quelques morceaux ou jouer d’un instrument. De quoi nous remettre à notre place, nous qui ne savons pas vraiment utiliser notre popotin sur la piste ! :-) Les enfants du centre m’initient aux pas du Coupé-décalé et du Zougoulou, styles de musique très répandus (venant de la Côte d’Ivoire et du Ghana), et mes amis rasta au reggae. J’espère rentrer un peu plus souple ! :-)

Comme je le disais plus haut, la saison des pluies se fait attendre cette année, et les températures ne cessent d’augmenter, au point que même les ouagalais commencent à s’en plaindre et à trouver le temps long. Elle devait arriver fin avril, et à vrai dire, nous n’en avons eu qu’une, qui n’a fait qu’humidifier les sols et rendre impraticable la route me menant au centre ... L’inquiétude grandit et les gens ont peur pour les récoltes.
Pour pallier à cette chaleur et à la transpiration qui nous trempe tout le corps du matin au soir, nous avons décidé, avec Corinne, mon amie belge, d’aller plus souvent à la piscine, même si çà fait cher ... Il arrive un moment où la sueur gagne le moral !

Sur la P50 de Corinne (Chinelle pour les intimes), nous voilà parties pour la zone du bois et ses piscines ... Petitproblème : la courroie de démarrage nous a laissé tomber en cours de route, et nous voilà toutes les deux assises à 39 degrés sous un arbre à attendre qu’un mécano (très sympa d’ailleurs), nous sorte de la galère ... 
Ici, c’est très courant, tout le monde tombe en panne une à deux fois par semaine, et pour cela, des mécanos sont installés tout le long des routes. Pour les reconnaître, il faut regarder si une ou deux chambres à air ne seraient pas pendues à ses côtés sur un arbre ou un clou dans un mur et que deux ou trois clefs à molette et tournevis ne sont pas sur le sol à ses pieds. Dans ce cas, vous êtes à la bonne adresse !
Bref, après 1h sous notre arbre, nous avons pu gouter (un peu moins que prévu !), aux joies de la piscine à 1500 FCFA (pas cher du tout !). Ici, très peu de gens savent nager, ce n’est réservé qu’à une certaine catégorie de personnes, et beaucoup redoutent l’eau. Ceux qui s’y aventurent nagent comme ils le peuvent, et tentent d’apprendre quelques mouvements. Comme dit mon ami Salif : « je nage comme un africain : en faisant des vagues et du bruit mais sans avancer ! ». Pour cela, lorsque certaines embarcations douteuses quittent les côtes africaines, l’ambiance à bord reste tendue, et lorsqu’un malheur arrive, peu de gens y survivent ... Européens, savez-vous que nager est un luxe ? Il ne faut pas l’oublier !
Pour finir, et ainsi vous raconter Bobo et Banfora au sud du pays dans le prochain post, petite nouvelle qui chamboule mes plans. Mon propriétaire, qui a été réélu (comme c’est bizarre, il est du CDP, le parti de Blaise Compaoré au pouvoir !) à la mairie il y a de cela deux semaines, a décidé de faire refaire sa cour ... Dans laquelle je loge ! Des entrées d’argent postélectorales ? Et nous qui nous plaignons de Guéant ! Bref, il me mets à la porte de ma maison du jour au lendemain, à la veille de l’arrivée de Didac pour me visiter... Après des négociations tendues, il me laisse jusqu’au 30 mai, et non au 10, comme il le voulait, en me prévenant le 1er ... 
Les recherches commencent donc, et un nouveau déménagement s’annonce . Un p’tit coup d’adrénaline qui me rappelle où je suis, et comment se déroule la politique en Afrique : le même parti au pouvoir a voté une loi n’autorisant aucun propriétaire à mettre un locataire à la porte sans un préavis de 3 mois ... Je vous laisse donc calculer !

Sur ce, je vous dis à très bientôt cette fois, pour un nouveau post post-vacances !

Friday, April 12, 2013

Teel Taaba (La Solidarité en route !)

Crèche de Noël
Cette expérience m’enrichit chaque jour, me poussant d’un bout à l’autre de mes limites d’occidentale. Ca fait du bien de se faire remuer dans ses valeurs, son approche du monde univoque, ses à priori !
Le weekend de Pâque a été pour moi le moyen de m’enfoncer encore un peu plus dans la culture, les coutumes du pays. Tout d’abord, le samedi était la célébration du mariage d’une des soeurs de Marius, mon chef. Il y a tellement de frères et soeurs, d’oncles, neveux et nièces, que souvent on se perd dans les relations familiales africaines. C’est simplement que ce n’est pas conçu de la même manière. Si tu es affilié par la mère, alors tu es oncle, neveu, nièce, suivant le degré de parenté. Si c’est par le père, ce sera grand frère, petite soeur (c’est une société paternaliste) ... Même si parfois cela peut être ta cousine ou ton cousin, tu peux être frère ou soeur. Un mélimélo qui laisse pantois, puis on finit par s’habituer.

Les vieux se rencontrent
Pour en revenir à nos mouton, le mariage est ici bien différent du mariage traditionnel européen. L’homme se doit de demander la main de sa future femme aux vieux du village de celle-ci, et ils doivent accepter. Pour cela, le jour du mariage, le marié et ses amis et proches, sans sa dulcinée, s’en vont au village, puis reviennent avec les vieux qui ont donné leur accord préalable. Puis c’est la rencontre entre les vieux pères du marié et de la mariée qui s’entretiennent et font une réunion. C’est après cela que le marié peut enfin aller à l’église, la mairie, ou la mosquée.

Le jour de cette rencontre, nous sommes allés dans la famille de Marius, pour y attendre le retour des vieux et du marié aux côtés de la future femme. Nous avons mangé tous ensemble, les vieux et les proches, puis les vieux se sont concertés et ont accepté. C’était la folie ! Des plats de crudités, de pommes de terre frites, du poulet, porc, poisson, ... à n’en plus finir ! Et les femmes qui s’activent sous le regard des hommes qui restent assis à « causer » comme ils disent ici. Il faut s’habituer à cette vision de la société qui est loin encore de nos valeurs féministes. Mais on y viendra, certaines femmes commencent sérieusement à prendre leur indépendance, à refuser le mariage forcé ou l’excision (surtout en ville).
Sortie triomphale de la mariée
Au moment de partir, la tradition veut que la famille et les amies de la mariée empêchent la famille et les proches du marié de passer la porte sans avoir payé une certaine somme d’argent et effectué des « gages » qu’ils sont obligés d’accepter sans broncher. C’est comme cela, car comme ensuite ce sera la famille de l’homme qui aura le dernier mot, c’est l’ultime moment pour eux de prendre des décisions.

Quelle pièce de théâtre ! Une ribambelle de femmes toutes plus colorées les unes que les autres bloque le passage de la porte et ordonne aux autres de prendre la femme sur leur dos, de danser, de chanter, de
quitter les chaussures, de sauter ... Et c’est au milieu des rires et des cris que tout cela se passe ! Un bouchon qui n’en fini pas, et des invités qui donnent des idées pour en rajouter. Pendant ce temps là, la mariée ne bronche pas, et le marié l’attend à l’extérieur.
Après 30 minutes d’émoi, les amis du marié et sa famille, la mariée sur le dos, chantant à tue tête des chansons imposées par les autres et tournant sur eux-même (idée d’un invité) sortent et rejoignent la voiture qui les attend. Tout le monde se rue dehors et le spectacle continue : les femmes se mettent devant la voiture qui crisse des pneus et lève la poussière de la route non goudronnée. Après avoir réussi à les éviter, les mariés s’enfuient à tombeaux ouverts en klaxonnant.
                                                                                                                          
Image: Joseph, fils d'Hervé
Le dimanche, c’était Pâques, et ici on ne rigole pas avec çà : la coutume veut que du matin au soir, tu fasses entre amis et/ou en famille, le tour de toutes tes connaissances pour les saluer chez eux, et te faire inviter à chaque fois pour manger et boire. Nous avons fait 8 cours (la cour est partagée parfois entre plusieurs familles) ! A la fin de la journée, mon estomac ne répondait plus à l’appel ! :D Une très bonne journée, qui m’a valu de rencontrer encore un aspect de la culture burkinabè qu’il faut vivre pour comprendre.

Le soir, le boutiquier, Hervé, chez lequel j’achète toujours mes unités, mes sachets de lessive, mon pain et les gâteux du matin, m’a invité à manger le tô avec sa femme, ses deux enfants (Joseph et Adolphe) et son meilleur ami. Comme leurs revenus sont extrêmement bas, je sais à quel point j’ai été bien accueillie et bien servie. Et tout çà dans la simplicité et les rires à la burkinabè. Un très bon moment, assis au coin de sa boutique dans le noir autour d’une petite table en bois, assis sur des bancs et chaises en plastique avec une « chinoiserie » comme ils disent ici (objets asiatiques qui ne tiennent pas mais courent toutes les rues ici) pour nous éclairer.

Jour de Pâques à Kamzaka
Le lundi de Pâques, bien qu’en congés, je me suis quand même rendue au centre, car j’avais promis aux enfants de leur faire découvrir un Pâque de chez nous. J’ai acheté des caramels chez Hervé, puis récupéré des capsules de Coca, Fanta, Brakina ... chez mon ami Rasta, et je les ai cachés dans la cour de Kamzaka. Les enfants les ont cherché jusqu’à la dernière, puis ce fût la récompense. Un super moment qui fait du bien
et qui rappelle pourquoi je suis ici.

La semaine est passée très vite, du fait du boulot important que je dois fournir pour trouver des fonds et réorganiser l’association qui ne va pas bien. Certains partenaires potentiels commencent à me répondre et les dossiers commencent à s’accumuler sur mon bureau, c’est bon signe ! Mais c’est vrai que c’est tendu et que le temps nous est compté ! Si nous n’avons pas de solution, en juin, 26 enfants sur 30 seront placés en famille, et les deux éducatrices perdront leur travail...
Certaines tensions, du fait de la gestion un peu « laxiste » de mes chefs ont éclaté lors des diverses réunions que j’ai mis en place pour en discuter. Mais les éducatrices qui ne travaillaient plus correctement, ne venaient plus à l’heure, partaient en avance ... commencent à se remettre au boulot doucement, et à respecter un peu plus l’autorité représentée par mes chefs et qu’ils avaient perdue depuis longtemps.

Course à l'hippodrome
Pour compenser de cette ambiance quotidienne, le weekend dernier a été aussi bien chargé en activités ! Nous sommes montés à cheval avec Corinne (la belge), Salif et Issa le Guerrier pour nous rendre à la course hebdomadaire du dimanche à l’hippodrome de Ouaga. 
Des centaines de chevaux, et une course à couper le souffle : les jockeys ont entre 8 et 12 ans et montent des chevaux au triple galop sans barrière, sans casque ... Les gens font des paris et leur courent après pour les insulter s’ils ne vont pas assez vite. La poussière qui se lève à chacun de leur passage, et la foule qui s’éparpille au milieu des chevaux. Et entre chaque tour, une pause bière à l’ombre d’un kiosque aux chaises en plastique bleu.
Pas que des chevaux!
Après la course, nous sommes repartis au galop avec les vainqueurs, au milieu de la circulation dense de la ville, et des jeunes euphoriques. Le galop s’est fini à un baptême pour lequel plusieurs cavaliers dont Salif ont
fait des démonstrations de voltige aux invités. Une fois de plus, il nous fallait avoir le cœur bien accroché, ils se lançaient à pleine vitesse au milieu de la foule déchaînée et des enfants qui chahutaient. L’un d’entre eux, âgé de 5 ans tout au plus, dans sa course, a été percuté... Heureusement, il s’en est sorti avec quelques égratignures et des larmes, mais ce fût impressionnant.
Après avoir mangé et bu un peu aux frais de la famille pour laquelle les cavaliers avaient fait les démonstrations, nous sommes rentrés.

Toutes ces expériences me font grandir et me poussent à prendre conscience que tout n’est pas acquis et qu’il faut prendre la vie comme elle vient, au jour le jour, sans en demander trop. Ici, l’espoir est le moto de la population. Un proverbe dit même que si tu perds l’espoir, tu deviens fou. Et ici, les fous sont ceux qui arpentent le bord des routes sans but, nus, se parlant à eux-mêmes. « Ils ont perdu l’espoir » te disent tes amis si tu en croises « Ils ont perdu le chemin ».

Issa le Guerrier
Vendredi, le petit frère de mon propriétaire n’était pas venu me saluer, ni parler de ses projets assis sur un tabouret sur ma terrasse depuis 2 jours. En ne voyant pas sa petite moto Yamaha orange, je me suis dis que peut être il était occupé ou qu’on ne se croisait pas. Le lendemain, on m’apprenait qu’il avait été tué dans un accident de la route vendredi. 17 ans, des projets plein la tête... Voilà le quotidien caché de cette société. Le plus dur est de savoir qu’ici, si tu meurs d’un accident de la route, par peur qu’une malédiction ne s’abatte sur la famille, le défunt n’a droit à aucunes funérailles, parfois même on l’enterre au bord de la route à l’endroit de l’accident. Et personne n’a le droit de se recueillir sur sa tombe. Il faut l’oublier. Heureusement pour lui, son grand frère a décidé d’organiser des funérailles en comité réduit et de l’enterrer décemment.

Le quotidien ici nous confrontent à toutes les réalités du monde : de l’extrême richesse à l’extrême pauvreté, de la gentillesse sans fin à la méchanceté, de la paix à la violence, de la vie à la mort, de l’espoir au désespoir, de l’amour à la haine, du savoir à l’innocence, de la corruption à l’honnêteté ...
                                                                                                               
 Image: Bon voyage!
C’est un combat permanent pour bon nombre de personnes au quotidien, mes amis y compris. Pour obtenir son salaire, Salif, comme beaucoup, se doit de dormir au travail la nuit pour trouver sa patronne le matin, sans savoir combien il sera payé, ni s’il le sera. Ce mois-ci, il lui a fallu patienter une semaine entière à ne pas dormir la nuit avec ses collègues, pour toucher 35 000 FCFA au lieu de 50 000 FCFA... et s’en contenter, tout en sachant que cela représente 53 euros pour le mois.

C’est une société de débrouilles, un mélange entre solidarité et intérêts. Entre amitié et argent.

Bilfou !!!

Friday, March 29, 2013

A ma grand-mère, sa joie de vivre et son courage


Cela fait maintenant plus d’un mois que j’ai posé les pieds sur le sol burkinabè, et je continue à découvrir cette étonnante culture.                           (image: quartier de Kologh-Naba, bord du barrage)

La semaine dernière, après avoir passé la semaine sur le dossier pour les financements de l’Union européenne (jusqu’au dimanche tard dans la nuit), je suis allée faire ... Du cheval ! Ici, au Burkina, beaucoup de traditions continuent à se transmettre de générations en générations, et parmi elles la pratique du cheval, que cela soit dompter, voltiger, ou simplement monter. Durant la semaine, nous étions allés boire un verre au Jamaïca, un maquis très connu des rastas de Ouaga qui ne fait que du reggae, et j’ai commencé à discuter avec le DJ. Il m’a alors expliqué qu’il avait deux chevaux, Jamaïca et Africa, et qu’il faisait partie de la (très grande !) famille spécialiste des chevaux à Ouaga. Il m’a donc invitée à aller monter dans les ruelles bondées non-goudronnées du quartier de Kologh-Naba, au milieu des enfants qui jouent aux billes, au pneu (qu’ils transforment en cerceaux et qu’ils suivent en courant), à se bousculer, ou tout simplement qui lisent un livre poussiéreux pour réussir à l’école.
(Image: sur la route de chez moi au travail)
Lorsque je suis arrivée, j’ai d’abord passé deux heures à l’ombre sur une chaise fabriquée à la main en fer et caoutchouc, entourée de rastas écoutant du reggae sur leur portable, afin d’attendre que les températures baissent et que l’air soit plus respirable pour nous et les chevaux. Ensuite, j’ai d’abord monté un étalon noir très caractériel, avec lequel ils m’ont laissée seule pour faire le tour du quartier, en me criant « Yelekabé ! Ne t’inquiète pas, y'a pas de yélé, il connait le chemin ! ». Je n’étais pas trop téméraire au début, puis, après quelques galops non voulus, quelques enfants et jeunes filles effrayés (tout le monde n’a pas l’habitude de se retrouver au coin de la rue face aux narines d’un cheval), j’ai réussi à prendre le dessus et en profiter. A mon retour, j’ai pu partir en balade dans d’autres quartiers en compagnie de Salif, surnommé « Papa », car son grand-père était chef de clan, et qu’il a hérité du même prénom. Les personnes de son clan n’ont pas le droit de prononcer son nom (Salif) et se doivent donc de lui trouver un autre prénom, en général toujours le même pour toutes les ethnies : Papa. Une après-midi super sympa, avant de reprendre le boulot pour travailler à nouveau tard dans la nuit.

Ce weekend, nous avons dit au revoir aux belges qui ont « demandé la route » comme on dit au Burkina (soit « rentrés chez eux »). C’était très étrange, car je m’étais habituée à cette présence européenne à mes côtés, et que dorénavant, je reste la seule blanche à des kilomètres à la ronde. Mais Yélékabé, heureusement je suis maintenant bien entourée et je n’ai pas trop peur de la solitude.

Vendredi soir, nous avons dégusté un super repas au centre Kamzaka avec les enfants (brochettes de soja, riz gras à la viande de porc, « mougoudougous » faits par nos soins et « tchoco », sortes de boules très dures que les enfants cassent contre les murs puis décortiquent avec la bouche pendant des heures : pas bon !), suivi d’une séance de danse coupé-décalé et danses traditionnelles de la part des enfants qui ont le rythme dans la peau et sont meilleurs danseurs que bien des gens chez nous !                                                                          
                                                                                                                            (image: dernier repas chez les belges)
Après çà, pour profiter de cette dernière nuit burkinabè, je suis partie danser le reggae avec Nour, une des belges, dans le centre ville au Jamaïca, et nous avons terminé lorsque le soleil était déjà bien levé, pour rentrer à dos de motos à trois ... Dangereux mais pas le choix ! Et bien sûr ... Panne d’essence ! Ahahahah ! Ici, ils ont une technique assez impressionnante dans le cas où une moto tombe en panne : le chauffeur d’une autre moto qui fonctionne pousse l’arrière de la moto qui ne fonctionne pas avec un pied, pendant que le conducteur de la moto en panne guide l’engin, et çà jusqu’à la station la plus proche. Pendant ce temps,     nous avons continué à pieds en compagnie de Bassirou, un ami de Salif, en suivant le goudron et en chantant du reggae à tue-tête « Jamaïca, Jamaïca, Africa, Africaaaaa ... ! » face au lever du soleil. Une fois rentrées, au dodo ! Et pour ma part, réunion à 10:00 ! Aïe !

Après une sieste de quelques heures l’après midi du samedi allongée sur une natte sur la terrasse devant chez moi à l’ombre de l’arbre à écouter de la musique, je suis allée rejoindre l’homme chargé de véhiculer les bagages des belges de chez eux au goudron (pas loin d’un km de trous et bosses dans le noir). Nous sommes allés chez eux sur son taxi-moto à trois roues, assise sur le rebord de la remorque pour lui indiquer le chemin. (Mon fessier s’en souvient encore !). Après le chargement et la route chaotique, nous avons tout déposé sur le bord du goudron, négocié un taxi pour l’aéroport (2000/2000 fcfa), et enfourné les bagages dans le coffre ... Il y en avait tellement, que le chauffeur a fait tenir çà avec une corde, et qu’ils ont failli en perdre un en route, ahahahah !
Je suis montée derrière Rasta (Thomas), et nous nous sommes retrouvés (après une pause dolo pour rasta et moi), dans le bar devant l’aéroport pour se faire nos adieux. Pas facile, pas les mots, mais tous les gens qui avaient compté étaient là.
Pour éviter la déprime, même si ici personne n’est triste (ou en tout cas, c’est ce qu’ils disent) et personne ne veut exprimer ses sentiments, nous sommes allés danser un peu avec Rasta au son d’un live au Madiba, un autre bar très réputé pour son reggae.

Lundi et mardi, pour mes congés, je suis allée rejoindre Salif, Ami, une amie (eheheh !), Ali (son « petit pompier » comme elle l’appelle, soit « petit copain ») et Moussa, un grand rigolo !
Nous avons passé l’après-midi à boire du thé sur les bords du barrage n°2, dans les « bas-fonds », comme ils disent ici, à l’ombre des manguiers, entourés des chevaux qui paissent dans cette verdure si rare, et de toutes sortes d’animaux. Sur les barrages, les pêcheurs s’activent du matin au soir, les pieds dans l’eau jusqu’à la taille, un chapeau mossi vissé sur la tête, et trempent des paniers qu’ils tirent avec des cordes pour attraper les poissons qu’ils vendent ensuite grillés au bord des routes ... Attention à la cuisson, les barrages servent aussi de décharge et sont gorgés de cadavres humains et animaliers...
                                                                               (image: au bord du barrage n°2, Ami et Ali)
Après cette douce après-midi à somnoler, nous sommes sortis un peu le soir dans les rues de Ouaga à pieds, pour rentrer tôt le matin et dormir chez Ami. Sa maison est composée de deux pièces, elle partage sa cour (son « 6 mètres » comme on dit ici pour parler des regroupements de maisons autour d’une cour), avec 4 autres familles, sans électricité, deux canapés, une natte, un matelas et un réchaud pour cuisiner. Pour se doucher, j’ai pu gouter aux joies du Burkina : une tôle ondulée en guise de trois murs au fond de la cour, pas de toit, et c’est ici qu’on se lave et qu’on se « soulage » comme ils aiment dire ici. Il suffit de recouvrir le trou avec une brique pour ne pas avoir les odeurs pendant la douche, et de porter des « creps » (tongues). Un seau qu’on a tiré du puit, un filet en plastique coloré pour se frotter, un savon, et un gobelet en plastique pour se verser l’eau dessus... Mais ce fut une des meilleures douches de mon voyage : la transpiration de la nuit dans ces pièces surchauffées m’avait lessivée !
(image: près des chevaux et des forgerons, bord du barrage n°2)
Après un Nespresso au kiosque du coin en se racontant les anecdotes de la veille, j’ai sauté dans un taxi vert pour 300/300, direction Bissighin, mon quartier.
J’ai passé le reste de la semaine, jusqu’à aujourd’hui inclus, à travailler beaucoup pour le centre, réunion après réunion, dossier après dossier, pour régler les problèmes de communication et trouver de nouveaux partenaires qui nous permettraient de tenir jusqu’à janvier 2014, début du contrat de financement de 3 ans par l’UE... Mail après mail, lettre après lettre, je commence à récolter des réponses et à les introduire en Excel ...
Petit à petit, l’oiseau fait son nid !

Mardi, je suis allée, en compagnie de Catherine, qui vient faire la cuisine (pour découvrir des plats) et manger avec moi une fois par semaine, au Grand Marché. C’est le « souk » de Ouaga, pour ceux qui connaissent le Maghreb. Un plaisir des yeux, un brouhaha pour les oreilles, et un nez qui se remplit de mille et unes odeurs plus épicées et inconnues les unes que les autres. C’est une sorte de bâtiment, en plein centre, de plusieurs étages, dans lequel tu commences en bas, puis tu montes, tu montes, tu montes, et tu fais le tour d’un dédale de ruelles plus fines et bruyantes les unes que les autres. Mais c’est une telle animation, une telle euphorie, que j’aime m’y plonger.

          (image: étale d'épices au Grand Marché)
J’y ai acheté des pagnes (tissus) pour me faire faire une robe et des pantalons sur mesure par sa soeur. On y a aussi acheté tous les épices nécessaires à la cuisine : piment jaune en poudre, poudre de baobab (« toeira » en mooré), kolgo (boule faites de graines de néré) et potasse pour adoucir les plats et la peau. Dans tout ce chahut, au coin des boucheries, on y a mangé de la bouille de petit mil, avec du beurre fondu et du lait concentré (tout le monde en mange ici) dans un sachet, et j’ai bu du jus de tamarin à tomber parterre en flânant à travers les petites échoppes de tissus colorés et de perles pour les cheveux.                                                  


Mercredi : tressage sous le kiosque, dans la cour de Kamzaka, entourée des enfants et des femmes des alentours qui venaient chacun à leur tour, pour me donner leur avis ... et paracétamol pour dormir un peu : ca tireeeeeeeeeeeeeee !!! Mais le résultat est plutôt pas mal, et niveau « aérations du crâne », je respire !!!

Voilà pour cette chronique un peu plus longue que les autres, j’espère vous avoir fait vivre bilibilfou (un tout petit peu) cette aventure décoiffante !

A très bientôt, bon weekend de Pâques à tous, que je fêterai en bonne burkinabè !

Friday, March 22, 2013

Sous la pluie des manguiers

Ça y'est, la pluie des manguiers est arrivée! C'est la première pluie en plein coeur de la saison chaude, qui permet aux mangues de finir de mûrir. Impressionnant sous mon toit de tôle! Tout d'abord, un vent violent chaud se lève et te fouette le visage de poussière rouge, de minis tornades se forment, puis c'est le déluge qui s'abat! Mais çà fait du bien, pendant quelques heures, de pouvoir respirer un peu!

Aujourd’hui, cuisine ! Bon, cela n’a rien à voir avec un cours de cuisine à la française, mais franchement, cela vaut bien un post. Je ne pensais pas découvrir une si grande diversité culinaire, et je suis agréablement surprise.

(Image: préparation des mougoudougous)
Tout d’abord, niveau sucreries (rien à voir avec le mot « sucreries » d’ici, qui signifie en fait « sodas » (Fanta, Coca...), ils se débrouillent plutôt pas mal ! Il y a d’abord le Mougoudougou, une sorte de boulette à la pâte d’arachide à tomber parterre ! Quand on plante les dents dedans, la boule s’effrite et fond dans la bouche. Un délice ! Ensuite, il y a ces sortes de rubans qui n’ont pas de nom : du sésame, du lait concentré sucré, tout çà cuit et enroulé ... Un mélange entre nougatine et caramel. Je n’aurais pas dû les découvrir si tôt, maintenant je ne peux plus m’en passer !
Puis viennent les beignets, cuits dans l’huile et qui, trempés dans le yaourt maison ou le dégué (yaourt avec des graines de mil) de chez Fanta, le maquis derrière chez moi, font frétiller mes papilles. Je me suis d’ailleurs mise moi aussi à la confection de yaourts  et je commence à prendre la main, même si parfois il reste un peu liquide. Le matin, avec une bonne cuillerée de pâte d’arachide achetée sur le marché (tu dois amener ton récipient et elle te sert dans une grande bassine), accompagné d’un Nescafé au lait en poudre, çà met la pêche pour la journée !

Depuis que je suis arrivée, j’habitue doucement mon estomac à la cuisine locale, et pour le moment, pas de problèmes intestinaux, ni quoi que ce soit ! J’ai donc pu essayer la viande de mouton cuite au feu et revenue aux petits oignons, ou les brochettes au piment : un vendeur est présent devant chaque maquis toute la nuit pour les envies subites des danseurs de reggae ou de coupé-décalé. Le poulet bicyclette avec du « tipaari » (piment en mooré) est aussi le moyen de se remplir l’estomac à la terrasse d’un maquis en soirée. Il y a aussi les frites maison (pomme de terre ou patate douce), cuites sur un Butagaz dans la cour ou au bord de la route, et le poisson grillé. Salivez, vous le pouvez !

Tous les midis, je mange en compagnie des enfants, que cela soit riz gras ou riz sauce, plat typique au Burkina, et je ne m’en lasse jamais. Accompagné de légumes de saison et de viande ou de poisson découpé tout petit pour que tout le monde puisse profiter de ce met cher, la sauce a chaque jour un goût différent. Et les repas sont toujours un moment convivial !
Le tô est le plat le plus consommé dans cette partie du Burkina, c’est de la farine de maïs et manioc, pétries dans l’eau. Ca se transforme en une sorte de polenta un peu plus gluante, et ca se mange à la main (droite, attention !!!), trempé dans la sauce : sauce feuille (verte), sauce arachide (ma préférée !), etc. Ici, beaucoup de gens disent que si tu ne manges pas de tô une fois par jour, tu n’as rien mangé de la journée... et ils ont raison : ca cale !

   (Image: Aloco et frites en 1er plan)
Passons au dessert ! En ce moment, les mangues ont mûri, et on les achète pour 25 FCFA sur le marché, soit moins de 5 centimes d’euros... Matin, midi et soir ! C’est tellement sucré et facile à manger ! Il y a aussi l’aloco, une sorte de banane, mais qui n’en est pas une, et que l’on fait frire. Ça se déguste comme une barquette de frites, et çà fond dans la bouche. Ce qui est super aussi, pour se désaltérer, c’est les glaces en sachets, qu’un vendeur poussant un chariot vend. Pour signaler sa présence, il dispose d’un klaxonne « Tada ! Tada ! » Tout le monde sait de quoi il s’agit rien qu’au son ! :D

Ce que je préfère quand je rentre à dos de moto tard dans la nuit, c’est m’arrêter chez Rasta, dans son maquis, et déguster un bon sandwich à l’omelette. De quoi se requinquer jusqu’au lendemain !
Niveau boisson : le dolo, bière locale, le jus de bissap, une fleur rose cultivée ici qui a le goût de la grenadine, et qui ne coûte que 25 FCFA, le jus de mangues, frais et tellement épais qu’on a l’impression de manger une purée de mangues, miam ! Il y a aussi toutes sortes de bières, qui bourrent bien, le poussé-poussé (en fait, du whisky en sachets), le calao (rhum), ...
L’eau, quant à elle, se boit en sachets, qu’il faut machouiller pour faire sortir. Trop drôle de voir tout le monde, un sachet qui pendouille à la bouche ! ahahah !

Même si mes connaissances en matière de cuisine restent encore très faibles, je compte bien continuer à voir et apprendre, avec l’aide de mon amie Cat', cuisinière en herbe, et de Judith, sa meilleure amie qui travaille à Kamzaka. Et c’est promis, je tenterai de vous le faire partager !

En espérant vous avoir mis l’eau à la bouche et avoir tranché dans les clichés du petit noir qui ne mange qu’un grain de riz (bien que la pauvreté quotidienne reste une réalité et que tout le monde ne mange pas à sa faim), je vous laisse donc à vos assiettes et vous souhaite bon appétit !

Thursday, March 14, 2013

Jeudi, le mercredi des enfants

Le temps coule si vite, que je me rends compte que cela fait déjà 2 semaines et demi que je suis ici. Il est vrai qu’en Afrique on perd tout repère temporel : Pas de montre, pas d’horloge, pas d’horaires de bus ou de train, et pourtant tout le monde s’affère !
Motos deux roues ou trois roues, vélos de toutes tailles et de tous types, charrettes tirées par des ânes, bus où s’entassent les gens à l’arrière et sur le toit accompagnés de leurs vélos, motos et de toutes sortes de marchandises, camions remorquant des tas de choses (métaux, or, pétrôle, chèvres, cochons, terre, Brakina la bière locale...) et encore des hommes, perchés sur les tas ou pendus là où la place le leur permet afin de faire une sieste le temps du trajet.

C’est un monde parallèle au notre, où les valeurs qu’ils partagent sont à l’opposé de ce que nous concevons chez nous, dans nos maisons climatisées avec un accès à l’électricité, une douche et des toilettes sur lesquelles on peut s’asseoir et lire le journal (non, Papa ! Voyons, je ne fais pas référence à toi ! :-D). C’est la débrouille au quotidien, la solidarité et le partage. Lorsque tu rencontres une difficulté, tu ne peux pas la qualifier de difficulté. Il y a toujours une solution, et si vraiment c’est  « trop compliqué », comme ils le disent ici, c’est certainement l’un ou l’autre des dieux qui l’a décidé comme çà. Parfois, c’est très déconcertant. Un accident, un mort, c’est comme si rien ne les affectait, comme si leur sourire ne pouvait jamais s’éteindre. Pourtant, il est humain d’être triste, mais ici, face à la misère et aux difficultés du quotidien, c’est comme si s’attrister était perdre son temps et ennuyer les autres. Il ne faut pas partager sa douleur trop souvent, même si les autres peuvent la ressentir et se rapprocher de toi pour te soutenir sans te dire.

Le mari de Gladys, la responsable des éducateurs, a eu un accident dimanche, un « fou » comme ils disent ici pour parler d’un attardé mental, a traversé le goudron sans regarder, et son mari lui est rentré dedans. Le fou s’en est sorti sans rien, mais le mari de Gladys a perdu 4 dents dans l’accident et a de nombreuses blessures au visage. Tout le monde ici est allé lui rendre visite, mais personne n’a parlé de ses blessures. Si je m’étais basé sur ce qu’on disait, il allait parfaitement bien, bien qu’il soit obligé de rester à la maison, qu’il ne puisse plus manger correctement et qu’il ne sache pas s’il aura les moyens de se repayer des dents. Cette vision des choses me permet aussi de me remettre en question. Certains problèmes ne méritent pas que l’on y soit attentif, et il vaut mieux vivre que de s’arrêter et d’y prêter plus d’attention qu’il ne se doit.

Pour ma part, je commence à me créer aussi mon petit quotidien et à prendre mes repères. Je suis finalement très bien dans ma petite maison, que je commence à arranger à mon goût. J’ai trouvé une table cassée que j’ai raccommodé, et je peux maintenant y poser la nourriture et les ustensiles de cuisine qui étaient parterre sur une natte, j’ai tendu un fil me permettant de sortir ma garde-robe de mon sac de rando, j’ai pu acheter de quoi me faire la popotte et nettoyer un peu (un balai en paille qu’ils font ici à la main et qu’ils vendent 50 FCFA et une pelle trouvée dans la cour). Je ne pense donc pas déménager, car lorsque je me compare à mes collègues de travail et mes amis burkinabè, lorsqu’ils viennent à la maison, ils n’en font que des éloges. Beaucoup n’ont pas l’électricité à la maison, pas de ventilo, pas de douche, pas de coin tranquille hors de la rue, donc je me considère privilégiée et je considère que c’est à moi de m’habituer au changement et non l’inverse. Et puis, j’ai trouvé la position pour bien viser le trou, et je sais l’heure à laquelle l’eau est fraîche dans la douche et l’heure où les cafards et sauterelles géantes décident d’y élire domicile pour la nuit ! :-)

Les gens savent maintenant où je loge et viennent régulièrement me rendre visite. En plus, à vrai dire, je ne suis quasiment jamais à la maison ! De 8-9h du matin à 18-19h le soir, je suis au centre, puis je vais manger chez Fanta (qui tient le maquis derrière chez moi et fait de supers plats à 200 FCFA et un yaourt à tomber parterre) et je finis dans le maquis de Rasta, qui est devenu lui aussi mon ami le plus proche, et l’un des rare à nous considérer comme des êtres humains sans y faire intervenir notre couleur de peau et nous juger là dessus.
Rasta est quelqu’un de généreux et ouvert, mais parfois sa naïveté prend le dessus, et comme il pense que tout le monde est comme lui, il se fait bananer régulièrement. Il en avait parlé à Malou, qui lui avait dit que je pouvais lui venir en aide pour ses comptes et l’organisation de son maquis, car il perd énormément et malgré son optimisme à toute épreuve çà le rend un peu triste. J’ai donc utilisé mes deux jours de congé, lundi et mardi, pour l’aider. On est allés à l’ombre sous le hangar à côté de son maquis, avec deux cahiers qu’il avait acheté pour l’occasion, une table et deux chaises en plastique sur la terre qu’ils venaient de retourner, et on y a passé 4h. On a d’abord écrit ce qu’il dépensait pour acheter les condiments, les légumes, le riz, les pâtes, les boissons ..., puis combien il les vend. Puis, je lui ai expliqué les calculs qu’il devait faire pour savoir s’il faisait des bénéfices ou pas. J’ai ensuite fait un tableau, sur lequel ses employés doivent faire des traits pour compter plus ou moins le nombre de plats et de soupes qu’ils vendent par jour, pour savoir si c’est de là que viennent ses problèmes de recettes. Il était très studieux et très content, cela lui a permis de reprendre confiance, et de prendre en main la partie gestion de sa boutique qu’il avait fini par abandonner. 

C’est vraiment incroyable, ici les gens ont un nombre de données incroyable dans la tête, tous les prix des aliments, combien de sacs de riz il reste ... Une mine d’informations ! Comme rien n’est écrit, c’es un peu plus compliqué pour nous, occidentaux, qui avons l’impression que sans l’écrit nous serons perdus ! :-D
J’ai le même « problème » au boulot : mes chefs ont tout en tête, mais ne sont là que très rarement, ce qui m’oblige à leur soutirer toutes les infos stockées dans leur cerveau chaque fois qu’ils pointent le bout de leur nez, sous peine de ne pas pouvoir avancer ! eheheheh !

 En ce qui concerne mes tâches, je commence à prendre des repères et comprendre mieux ce qu’on attend de moi, même si la pression est montée d’un cran depuis qu’on sait que notre partenaire ne veut plus travailler avec nous. Je leur ai d’ailleurs concocté une réponse corsée à la sauce occidentale, avec textes de lois et paragraphes du contrat à l’appui. On verra ce qu’ils répondront, mais ils ont intérêt à rendre des comptes ! Pour le reste, je commence la recherche de partenaires, après avoir terminé de rédiger la présentation de l’association qu’on pourra fournir lors de rencontres. Je m’attèle aussi à la rédaction du manuel de procédures administratives, comptables et financières qu’on doit fournir à l’UE par exemple, ou à de grosses ONGs... De quoi te tirer une balle, 250 pages de tableaux, fiches de postes, revenus, fiches de paye ... Ce qui est génial, c’est que ca me forme à tout un travail qui n’était jusque là que théorique et qui me donnera l’opportunité de le réutiliser dans le futur.

C’est donc sur ce point studieux que je vous laisse, les enfants m’attendent pour faire un Uno avant de manger le repas de midi ! :-)
Bisoux et Bilfou!

Friday, March 8, 2013

Petite chronique de la journée des femmes


Ça fait plusieurs jours maintenant, mais le temps passe si vite ...

Mardi, nous sommes donc allés visiter le Musée de Manega, qui raconte toute l’histoire du Burkina depuis le XII ème siècle. Voyage en moto tricycle, sur 50km. De quoi se souvenir du voyage! Une épopée dont mon fessier se souvient, mais quelle rigolade! 
Le doyen du musée, petit-fils du fondateur, nous raconte avec son fort accent Mossi l’histoire de Ouedraogo, l’étalon de la princesse Yennenga, fondatrice du royaume Mossi au XIIIème siècle.
Le musée poussiéreux recèle des merveilles de l’histoire du pays, que l’on se régale à découvrir des lèvres de cet homme, fier de son passé et de ses origines.

D’un bâtiment à l’autre, d’un habitat traditionnel à l’autre, il partage avec nous ses talents de conteur. Deux salles m’ont extrêmement impressionnée : la salle des morts, et celle des masques et pierres tombales.

Lorsque l’on pénètre dans la salle des masques et pierres tombales, il est interdit de prononcer un mot, au risque de subir un malheur. Dans celle des morts, il est obligatoire de se décoiffer et d’entrer à reculons, les pieds en dernier. Si cela se fait comme cela, c’est qu’un mort sort les pieds en premier et la tête en dernier, et qu’un vivant se doit donc de faire l’inverse.
Dans la culture, le noir représente la mort et le blanc la vie. Pour cela, lors des cérémonies funéraires, le chef porte un habit aux deux couleurs, et deux masques représentent l’un la vie (blanc) et l’autre la mort (noir), qu’il faut chasser.
Un homme qui meurt est enroulé dans un tissage de cotonnade, mais ses pieds doivent rester découverts et visibles, car il est dit que lorsqu’on meurt, les yeux tombent dans nos pieds, et l’on doit respecter le mort en ne lui cachant pas la vue. On le dépose à terre hors de sa case, et l’on tue deux poules : l’une que l’on étrangle (représentation de la mort naturelle) et l’autre à qui l’on coupe la gorge. Si les poules tombent sur le ventre, c’est que la personne est morte empoisonnée, et la seconde poule indique le coupable.
Les fils de chefs de village n’ont pas le droit de manger de poulet pour cette raison durant toute la vie de leur père. Ce n’est qu’à sa mort qu’ils pourront le faire. Le guide, fils de chef, l’a expérimenté et a même vomi la première fois qu’il en a mangé !
Dans leur tombe, les hommes sont couchés sur le côté droit, et les femmes sur le côté gauche. Ils doivent toujours regarder vers l’ouest, le coucher du soleil. Il en est de même pour la construction des cases des différentes femmes d’un homme : toujours construites à gauche de celle de l’homme, et la dernière femme fait la cuisine pour tout le monde et a le droit de dormir dans la case de l’homme.

Les tambours sont très importants. Il en existe deux types :
- Les longs, qui servent à faire danser les masques,
- Les courts, qui servent à communiquer entre villages.

Sur le retour, nous nous sommes arrêtés en bord de route dans un village pour y boire le Dolo (boisson fermentée, appelée aussi bière de Mil) dans une calebasse, pour que la moto à trois roues puisse se reposer et refroidir un peu, sous ces 45 degrés.



Le soir, les belges m’ont invité à manger des patates douces a la sauce aux épices préparées par la cuisinière Catherine, qui est un amour.

Ces deux derniers jours, j’ai pu commencer à travailler et les choses commencent sur les chapeaux de roues ! Je suis en charge de remplacer un des partenaires essentiel à la survie du centre, qui a laissé tomber l’asso sans aucun préavis, faute grave, et sans donner de raison. Ils finançaient essentiellement la nourriture et deux salaires d’éducateurs ... Les salaires ne sont donc pas versés, et les enfants mangent sur l’argent de mon chef. Nous ne nous laisserons pas faire ! C’est une grosse responsabilité qui pèse sur mes épaules et que je n’ai jamais vraiment eu l’occasion d’expérimenter. J’appréhende mes résultats, car si je n’ai trouvé personne d’ici à juillet, le centre devra réduire considérablement ses effectifs : il peut accueillir jusqu’à 60 pensionnaires, il y en a actuellement 35 et cela devrait baisser à ... 6 ! Et bien sûr, le personnel subira le même sort, alors qu’il est lui aussi extrêmement pauvre. Je travaille donc comme une acharnée (mes collègues me disent que ma tête risque d’exploser), et je ferai tout pour régler cette situation au plus vite.

Pour terminer sur une note festive, aujourd’hui c ‘était la journée de la Femme, et cette fête est très importante au Burkina : c’est jour férié pour les femmes, et toutes portent le même pagne (le même tissu) toute la journée. C’était magnifique de les voir toutes comme çà, chacune ayant décidé d’un modèle différent à son goût.

Nous en avions donc toutes un, et nous nous sommes retrouvées dans les règles traditionnelles entre femmes : nous sommes allées dans la cour de Catherine, la cuisinière des belges, où nous avons retrouvé 7 autres femmes. Nous avons préparé un pique-nique : pommes de terre frites, 1 poisson grillé (capitaine) par personne et crudités (tomates salade et concombre). Après avoir tout emballé, nous avons enfourché les motos et nous sommes allées en file indienne jusqu’à tanguin, au bord des plantations de feuilles (c’est le nom qu’ils donnent à une plante servant à faire la « sauce feuilles »), à l’ombre des manguiers dont les fruits commencent à mûrir. Là, nous avons bu des bières en mangeant toute l’après-midi, et nous avons même eu la chance de nous promener dans les plantation en bordure du fleuve, de tirer l’eau des trous creusés dans la terre et d’arroser (tout çà dans nos tenues du 8 mai !) sous les rires des femmes qui y travaillaient.

Après cette délicieuse après-midi, tradition oblige, nous sommes allées danser à dos de motos dans un autre quartier de la ville, bondé de femmes portant les mêmes couleurs. Magique. Une ambiance comme on en trouve peu chez nous !

Après nous être déhanchées sur la piste, retour à la maison la tête (et les oreilles !) remplie de musiques africaines qui donnent le besoin de bouger en rythme.

C’est donc sur cette note musicale que je vous laisse et vous dis à très vite !